TRANSMETTRE ET FAIRE PARTAGER

L’AIKIDO TENJINKAI n’est ni « Ryû » (courant, parfois dans le sens de « clan »), ni synthèse, ni copie, ni parodie, ni création moderne, ni amélioration d’un existant. Il ne véhicule ni idéologie, ni philosophie imposée. Il n’est fondé sur aucune croyance ou pratique religieuse. Il n’a pas pour vocation d’empiéter sur le domaine très privé des convictions philosophiques et autres. Il est né de la poursuite d’un cheminement personnel, entamé voici plus de 40 années par un homme animé du désir d’apprendre, puis bientôt de transmettre, faire partager, et dont la vie entière a été rythmée par le mot Aïkidô.

L’AIKIDO TENJINKAI est la simple pratique de l’Aïkidô, Art Martial du Japon créé par Maître UESHIBA, un visionnaire du XXème siècle qui se projetait déjà dans un monde sans conflits ni oppositions. L’enseignement de notre Ecole est le fruit d’un travail commencé en 1973 par un garçon alors âgé de 12 ans qui tout de suite fut captivé, subjugué par l’Art de ses Maîtres et qui depuis lors n’a vécu que pour en poursuivre la recherche tout en le rendant accessibles à ceux qui souhaitaient s’y initier.

L‘AIKIDO TENJINKAI n‘a nullement vocation à s’inscrire dans le marbre du Temps; cette Ecole d’Aïkidô vivra avec son initiateur, lequel aura pour simple objectif de transmettre une passion et un enseignement technique qui pourront servir à ceux qui le reçoivent pour, à leur tour, découvrir les merveilles de cet Art, et qui sait ? en poursuivre la recherche et le développement.

L’Histoire nous enseigne que tout ce qui est humain est par essence éphémère. En ce sens, il est vain de prétendre perpétuer un enseignement, qui n’est qu’une façon de jouer une partition: cette partition étant l’Aïkidô.

Chaque homme est par définition « unique et indivisible » (cf. le terme « individu ») ; ce qu’il fait, ce qu’il crée n’appartient qu’à lui et à lui seul. De la même manière que l’on ne trouvera pas deux individus ayant les mêmes empreintes digitales ou le même visage, il est absolument impensable de prétendre transmettre à des élèves une méthode clés en mains, avec obligation absolue de ne jamais déroger aux principes énoncés, dictés par un Maître, si illustre soit-il, car ce dernier n’est au fond qu’un simple passeur.

De la pratique fusera la Vérité, et ce n’est qu’à force de chercher, pratiquer, appliquer, éprouver, ressentir, se tromper aussi parfois, que l’adepte parviendra à développer et faire croître en lui une parcelle de Lumière. En ce sens il n’y a aucun secret, ou plutôt le « secret » peut se résumer au contenu du présent paragraphe.

Nulle prétendue vérité ne saurait être imposée ; elle est affaire purement personnelle, même si la pratique de la Voie peut proposer des pistes à ceux qui souhaiteront s’engager plus avant dans l’art. D’autres le considéreront comme un loisir ou un moyen de s’oxygéner le corps et l’esprit, et ce sera leur droit le plus strict.

l’AIKIDO TENJINKAI n’a ni vocation à, ni prétention de régenter la vie de ses adeptes.

Un homme, une Ecole, un nom

C’est sur les conseils d’un ami proche, représentant en France et en Espagne l’AIKIDO pratiqué notamment au sein de la Police japonaise, que je me suis décidé à donner une appellation à notre Ecole d’AIKIDO. Cet ami sincère me rappela fort justement que les Ecoles portant le suffixe « KAN » désignaient à l’origine un lieu, c’est-à-dire le Dôjô créé par un Maître généralement missionné par son propre Sensei pour ouvrir ce que nous appelons en Occident un « club ».

Ainsi les termes, par exemple, de YOSEIKAN, YOSHINKAN et autres, s’ils furent par la suite et du fait du développement outre-océan de ces Ecoles, assimilés à des Styles, désignaient simplement à l’origine le Dôjô, parfois modeste, où enseignait un Maître talentueux, parfois et même souvent à un petit nombre de pratiquants. Ce qui ne diminuait en rien la valeur son enseignement.

Dans un tout premier temps, l’idée de trouver un nom ne m’enchantait guère, et je la repoussai. « Mais, poursuivit mon interlocuteur, tes quarante années de pratique et d’expérience ne doivent pas être diluées sous le seul vocable d’Aïkidô, et il importe que, conformément à la tradition, tu donnes un nom à ta pratique ou à ton Dôjô, même sans la volonté de fonder une ènième nouvelle tendance !»

Il est vrai que, présentée sous cet angle, la chose devenait plus claire, plus logique.

C’est dans cet esprit que, en l’espace de quelques instants, me vint tout naturellement le nom de TENJINKAI. N’ayant pas de Dôjô propre, il n’était pas question d’appeler TENJIN KAN une salle municipale; en revanche le suffixe « KAÏ» signifiant plutôt groupe, mouvement, groupement, association (au sens propre), s’imposait de lui-même.

TEN, le Ciel, dans son acception cosmique, figure en bonne place pour nous rappeler que la pratique doit tendre à nous élever.

Dans la philosophie reliée au Budô, apparaît souvent le terme TEN CHI JIN, qui représente la « Trinité » en vigueur dans les arts martiaux du Japon. Ces arts ne sont que des moyens de parvenir à une harmonisation de l’Homme entre ces deux éléments : TEN (Ciel, objectif à atteindre symboliquement) et CHI (prononcer « t’chi », Terre, élément dont il est issu) ; l’harmonie atteinte, les contraires ayant été dissous au sein de l’être, celui-ci peut être qualifié de TENCHIJIN, « Homme Ciel-Terre », ou homme accompli.

JIN est la contraction adoucie du mot SHIN, Kokoro, qui désigne une notion à mi-chemin entre le cœur (symbolique et non physique) et l’esprit. L’écriture correspondant à ce mot peut, calligraphiée de manière arrondie, ressembler de façon assez frappante à un Aïkidôka en phase de Ukémi (chute) vers l’avant.

KAI signifiant le groupement, ou plus joliment la rencontre de plusieurs êtres.


Pascal OLIVIER.

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